Tableau d'illustrations représentant différentes saisons, avec des peintures de style impressionniste pour chaque saison : hiver, été et automne.

Habiter
l’imaginaire

L'univers
Armand Lavender

Je confectionne des fragrances comme des ouvertures vers l’imaginaire,
sous forme de brumes d'ambiance, en tant qu’artisan depuis 2017.


Des senteurs, pour accompagner les moments de lecture et de plongée dans un autre univers, que l’on effleure alors par les sens.

Ouvrir un livre, s’installer confortablement et vaporiser les fragrances dans l’air, ou sur un mouchoir, pour un voyage hors du temps.

Mon domaine d’inspiration, les mondes imaginaires, les mythologies, l’histoire.
À travers différents médiums tels que la littérature, le cinéma, les univers ludiques, la danse...
Chaque création part d'une question. Quelles sont les sensations olfactives de ces univers dans lesquels nous plongeons ?
L’ambiance d’un salon de l’époque de la Régence anglaise, préparé pour le thé. La taverne chaude et gourmande d'une épopée médiévale. La bibliothèque précieuse d'un manoir.

Traduire les sensations olfactives qui accompagnent l’émotion d’un instant intime. Les retrouvailles ardentes et passionnées, entre le plus célèbre des vampires et celle qu’il aime, au moment où il lui déclare avoir « traversé un océan d’éternité » pour la retrouver.

Des sensations olfactives historiques, à travers les senteurs aromatiques liées aux médecins de la peste vénitiens du XVIIe siècle.
Faire revivre une recette japonaise du XVe siècle, le chemin serpentant d’une forêt ancienne, dans la fraîcheur du printemps naissant.

Ces lieux, ces émotions humaines, n'existent que dans les textes et les esprits. Ils sont pourtant palpables, on peut imaginer leurs odeurs, chaudes, subtiles ou fraîches...
C'est un seuil qui se traverse, et c’est l’ouverture vers ces instants hors du temps que je recherche.

C’est le point de départ de mon travail,
« l’Enquête littéraire donnant vie à des senteurs de l’imaginaire ». 

Le choix des matières premières

À l’atelier, j’utilise les matières premières de la parfumerie : huiles essentielles, absolues, résines, ainsi que des matières de synthèse.

Ces dernières permettent notamment de ne pas surexploiter certaines plantes pour en extraire l’essence odorante. Cela me permet également de ne pas utiliser de matières animales et contribue à réduire la pression exercée sur certaines plantes rares ou très demandées, comme le jasmin, la rose, l’iris ou la tubéreuse.

Certaines demandent parfois, pour produire une faible quantité d’essence, des tonnes de fleurs, d’importantes quantités d’eau, des surfaces agricoles considérables ainsi que des procédés d’extraction complexes.

Une molécule de synthèse peut alors reproduire une facette olfactive spécifique ou renforcer une matière naturelle, tout en limitant le recours aux ressources végétales.

Aujourd’hui, l’industrie de la parfumerie s’oriente progressivement vers la chimie verte, la biotechnologie, la fermentation et des procédés de synthèse à moindre impact.

Je tiens particulièrement à réduire mon impact sur la nature, notamment dans le choix des matières premières et dans le fonctionnement quotidien de l’atelier. Un engagement personnel qui se transmet naturellement dans mes créations.

Si les brumes d'ambiance constituent aujourd'hui le cœur de mon travail, quelques encens artisanaux viennent également prolonger cet univers.
Je les confectionne avec la même exigence, à partir de matières premières d'origine végétale : racines, résines, fleurs, huiles essentielles…
Leur intensité varie au gré des récoltes et des saisons. Une même résine, une même fleur ou un même bois ne révèlent pas exactement les mêmes facettes olfactives au fil de l’année ; je sélectionne, j’ajuste et je rééquilibre les recettes en conséquence.

C’est ce travail patient et répété qui donne à chaque création son caractère unique. Une image olfactive éphémère dans le flot changeant des saisons.

Je suis le premier utilisateur de mes créations.

À l'atelier, je veille tout particulièrement à produire le moins de déchets possible.

Seul à chaque étape, des premières recherches sur le thème aux ébauches de recette, jusqu'à la mise en flacon, je donne à chaque création le temps de trouver sa voie.
Un savoir-faire de patience, qui demande parfois plusieurs jours, plusieurs semaines, voir plusieurs mois.

Chaque création est testée dans la durée, au fil des saisons et du temps passé en flacon.
Tant qu’une création ne me satisfait pas pleinement, par ses senteurs, ses matières premières ou la cohérence de son thème, je continue le travail.

Je les teste, les utilise dans mon quotidien, jusqu’au moment de vous les partager.

Cela demande beaucoup de temps et d’attention. Ce n’est pas une contrainte, c’est une exigence et un rythme humain qui me rend fier de chaque flacon que je propose.

L'éphémère comme choix décoratif de l’espace, pour habiter l’imaginaire.

Nos lieux de vie sont des espaces sur lesquels nous apposons nos envies.
Nous les décorons de notre personnalité pour nous y sentir bien et y pratiquer les activités que nous aimons.
Se créer un cocon olfactif, fait de senteurs choisies, c’est créer un décor éphémère qui accompagne des moments agréables.
C’est un guide de voyage autant qu’une subtile présence à travers l’imaginaire. Le temps d’une lecture, d’une musique, d’une danse.

Tout comme nous créons une ambiance avec une boisson choisie, une musique, une lumière particulière, on dépose dans l’air, ou sur un mouchoir, une senteur le temps d’un chapitre de lecture, d’une aventure épique dans un jeu de rôle, d’une soirée en agréable compagnie.

Les senteurs dialoguent avec notre mémoire et participent à l’immersion dans un récit.
Par le geste simple d’une pulvérisation autour de soi.

Des instants éphémères durant lesquels les fragrances donnent une couleur olfactive et une atmosphère à ce moment précis.
L’odorat s’y habitue, et l’effet sur l’esprit, lui, persiste. C’est le fonctionnement naturel des sens.


La présence de la fragrance dans l’air peut aller de quelques minutes à un peu plus d’une heure selon la recette. C’est le cœur de la démarche.
L’espace est une base neutre, la fragrance est une décoration que l’on applique et change à l’envi.
Le moment passé, le neutre reprend sa place, telle une toile vierge attendant le prochain coup de pinceau olfactif.

La mémoire olfactive est une capacité extraordinaire.

Une odeur peut ramener un souvenir avec une précision et une émotion spectaculaires.
L'imagination, elle, se sert de l’olfactif et nous projette grâce à cela dans un lieu que l'on n'a jamais visité, une époque que l'on n'a jamais vécue. C'est ce territoire de résonances que j'explore, fragrance après fragrance.

Cohérence dans l’imaginaire.

J’aime les histoires. Celles qui ouvrent une porte vers d’autres époques, d’autres mondes. Celles qui nous happent, nous emportent par les émotions.

J’explore les mythologies, la littérature, et toutes les formes d’expression de l’imaginaire qui ont une résonance pour moi. Des arts graphiques au cinéma, des jeux de rôle au théâtre, de l’opéra à la musique et la danse ou encore au jeu vidéo. Autant de manifestations bien réelles de l’imaginaire et de la narration.

Elles prennent racine dans ce que l’humanité possède au fond d’elle-même, cette faculté à imaginer, créer, exprimer et faire ressentir.


J’aime explorer ces lieux de fiction et me demande souvent quelles senteurs caractérisent ces lieux imaginaires.
Quelle odeur pourrait habiter cette forêt ancienne traversée par les protagonistes ?
Que révèle l’atmosphère de ce bureau mystérieux lorsque sa porte s’ouvre enfin ?
Comment refléter la sincérité de cet instant où le personnage nous parle avec fierté et émotion de la recette de beignets au zeste d’orange apprise de sa grand-maman ?

Pour retranscrire toutes ces sensations olfactives, je me documente auprès des œuvres elles-mêmes, puis sur les matières des lieux, sur l’atmosphère qui habite les scènes décrites.

Je m’intéresse autant à ce qui dessine un décor, pierres chaudes, végétation luxuriante, lumière douce, qu’aux émotions que la scène véhicule, joie, apaisement, nostalgie...

Tout a une histoire à raconter, quel que soit le médium. À défaut de pouvoir les visiter réellement, on s’y projette.

Chacune de mes créations possède son histoire, sa façon de la raconter et sa cohérence propre avec son thème. Celui-ci est abordé avec rigueur, profondeur et émotion.

À travers chaque flacon,

je propose ma vision, mon ressenti de cette histoire, tout en prenant soin de laisser cet imaginaire suffisamment ouvert pour que vous puissiez vous l’approprier, l’associer à vos moments privilégiés et créer votre propre ambiance, votre propre récit.

Je peins, à ma façon, les décors olfactifs de l’imaginaire.

Armand Lavender,