Habiter l’imaginaire
L'éphémère comme choix décoratif de l’espace.
Créer un cocon olfactif fait de senteurs choisies, accompagnant les moments agréables.
Un guide autant qu’un compagnon de voyage à travers l’imaginaire. Le temps d’une lecture, d’une musique, d’une danse.
Nos lieux de vie sont des espaces sur lesquels nous apposons nos envies. Nous les décorons de notre personnalité pour nous y sentir bien et y pratiquer les activités que nous aimons.
Il n’est pas rare d’accompagner ces activités d’une boisson choisie, d’une musique, d’une lumière particulière, qui participent au plaisir que nous avons lors d’un moment avec un livre, un film, un jeu. Une ambiance olfactive accompagne naturellement ces instants d’immersion.
Les senteurs dialoguent avec la mémoire et participent à l’immersion dans un récit.
Des senteurs pouvant évoquer une forêt profonde, la bibliothèque d’un manoir, les parfums doux d’un café de la Belle Époque ou d’une taverne de fantasy.
Un compagnon qui trouve sa place par le geste simple d’une pulvérisation autour de soi.
L’air d’une pièce est une base neutre, que l’on peut décorer selon son goût. On y dépose une senteur le temps d’un chapitre de lecture, d’une aventure épique dans un jeu de rôle, d’une soirée en agréable compagnie.
Des instants éphémères durant lesquels les fragrances, comme la musique, donnent une couleur olfactive et une atmosphère à ce moment précis.
L’odorat s’y habitue, l’effet sur l’esprit persiste. C’est le fonctionnement naturel des sens. On travaille avec eux, pas contre eux. Pas de saturation, mais une présence qui donne une couleur à l’instant.
Le moment passé, le neutre reprend sa place, telle une toile vierge attendant le prochain coup de pinceau olfactif.
Le choix des matières premières.
Les matières premières utilisées à l’atelier sont celles employées en parfumerie : huiles essentielles, absolues, résines, ainsi que des matières de synthèse.
Ces dernières permettent notamment de ne pas surexploiter certaines plantes pour en extraire l’essence odorante.
Cela me permet également de ne pas utiliser de matières animales et contribue à réduire la pression exercée sur certaines plantes rares ou très demandées, comme le jasmin, la rose, l’iris ou la tubéreuse.
Des plantes qui demandent parfois, pour produire une faible quantité d’essence, des tonnes de fleurs, d’importantes quantités d’eau, des surfaces agricoles considérables ainsi que des procédés d’extraction complexes.
Une molécule de synthèse peut alors reproduire une facette olfactive spécifique ou renforcer une matière naturelle, tout en utilisant moins de ressource végétale réelle.
Aujourd’hui, l’industrie de la parfumerie s’oriente progressivement vers la chimie verte, la biotechnologie, la fermentation et des procédés de synthèse à moindre impact.
Je porte une attention particulière à réduire mon impact sur la nature, notamment dans le choix des matières premières et dans le fonctionnement quotidien de l’atelier. Un engagement personnel qui se transmet naturellement dans mes créations.
Les matières premières des encens sont d’origine végétale : racines, résines, fleurs, huiles essentielles…
Leur intensité varie selon les récoltes et les saisons. Je sélectionne, j’ajuste et je rééquilibre les recettes en conséquence.
C’est ce travail patient et répété qui rend chaque flacon unique.
Une image olfactive éphémère dans le flot changeant des saisons.
Cohérence dans l’imaginaire.
Les mythologies, la littérature, ainsi que toutes les formes d’expression de l’imaginaire — cinéma, jeux de rôle, théâtre, opéra, musique, danse ou encore jeu vidéo — sont des manifestations bien réelles de l’imaginaire.
Elles prennent racine dans ce que l’humanité possède au fond d’elle-même : cette faculté à imaginer, créer, exprimer et faire ressentir.
Tout a une histoire à raconter, quel que soit le médium, et chacune de mes créations possède son histoire, sa façon de la raconter et sa cohérence propre avec son thème.
Celui-ci est abordé avec rigueur, profondeur et émotion.
À travers chaque flacon, je propose ma vision, mon ressenti de cette histoire, tout en prenant soin de laisser cet imaginaire suffisamment ouvert pour que vous puissiez vous l’approprier, l’associer à vos moments privilégiés et créer votre propre ambiance, votre propre récit.
J’aime les histoires. Celles qui ouvrent une porte vers d’autres époques, d’autres mondes. Celles qui nous happent, nous emportent par les émotions.
À défaut de pouvoir les visiter réellement, on s’y projette.
J’aime explorer ces lieux de fiction et une question me vient naturellement. C’est souvent un point de départ pour mes créations : quelles senteurs caractérisent ce lieu du récit ? Quelle odeur pourrait habiter cette forêt ancienne traversée par les protagonistes ? Que révèle l’atmosphère de ce bureau mystérieux lorsque sa porte s’ouvre enfin ? Et cette description joyeuse et gourmande d’un café de la belle époque ?
Comment refléter la sincérité de cet instant où le personnage nous parle avec fierté et émotion de la recette de beignets au zeste d’orange de sa grand-maman ?
Pour retranscrire ces sensations olfactives, je me documente auprès des œuvres elles-mêmes, puis sur les matières des lieux, sur l’atmosphère qui habite les scènes décrites.
Je m’intéresse autant à ce qui constitue matériellement un décor, pierre chaude, végétation luxuriante, lumière douce, qu’à ce que la scène véhicule émotionnellement, joie, apaisement, nostalgie...
Je peins, à ma façon, les décors olfactifs de l’imaginaire.
Je suis le premier utilisateur de ce que je fabrique.
L'atelier fonctionne avec une attention particulière à produire le moins possible de déchets.
Les matières premières sont sélectionnées avec rigueur, dans une démarche personnelle attentive à la nature.
Chaque création est testée dans la durée, au fil des saisons et du temps passé en flacon.
Tant qu’une création ne me satisfait pas pleinement — par ses senteurs, ses matières premières ou la cohérence de son thème — je continue le travail.
Je les teste, les utilise dans mon quotidien, jusqu’au moment de vous les partager.
Cela demande beaucoup de temps et d’attention.
Ce n’est pas une contrainte, c’est une exigence et un rythme humain qui me rend fier de chaque flacon que je propose.